Les Eglises suisses s’engagent pour la reconnaissance du génocide des Arméniens

Dans un mémorandum commun les trois Eglises nationales plaident pour une reconnaissance du génocide des Arméniens en 1915. Le massacre d’environ un million de chrétiens arméniens au début du siècle dernier est l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de la Turquie ; il n’a jusqu’ici jamais été reconnu par le gouvernement turc et aucune procédure pénale n’a été menée à son terme contre ses auteurs.

Entre 1915 et 1918, la campagne d’anéantissement systématique menée par le régime des ‹ Jeunes Turcs › a fait selon les sources entre 800›000 et 1›500›000 morts. Le Conseil œcuménique des Eglises a été l’une des premières organisations internationales à se solidariser – par delà les différences confessionnelles – avec le peuple arménien et à prendre explicitement position sur cette question. Les Eglises catholique et apostolique arménienne se sont elles aussi exprimées sans ambiguïté sur cette question. Les gouvernements successifs de la République de Turquie ont quant à eux toujours refusé de reconnaître que le génocide des Arméniens était un fait historiquement avéré.

La Suisse, de son côté, n’a pas encore reconnu explicitement le génocide, une reconnaissance pourtant demandée depuis longtemps dans notre pays par les Arméniens et les organisations de défense des droits humains. Plusieurs interventions parlementaires allant dans ce sens ont été rejetées. En mars 2001, le postulat Zisyadis a été rejeté de justesse par le Conseil National.

La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), La Conférence des évêques suisses (CES) et l’Eglise catholique chrétienne de Suisse appellent les parlementaires fédéraux à soutenir le postulat Vaudroz – repris par le Conseiller national de Buman – qui demande la reconnaissance du génocide arménien. Un tel acte posé par le Parlement suisse, tout comme l’a fait le Parlement français, serait selon les Eglises un signal politique constructif, de même qu’un appel à la réconciliation et au dialogue. Ce serait aussi un message d’espoir pour tous les Arméniens. Les valeurs chrétiennes que sont la justice et la compassion doivent se traduire dans les faits et l’offense envers nos frères et sœurs arméniens doit cesser, en leur rendant justice. De plus vivre dans la vérité historique de ces pages sombres apportera une contribution essentielle à la prévention des génocides. En ce sens, les journalistes, les éditorialistes et les chercheurs turcs doivent avoir un droit illimité de s’exprimer ouvertement, par la parole ou par l’écrit, sur tous les événements de leur histoire.