Conférence commune Diaconie et Femmes de la FEPS

Premiers fondements d’une politique moderne de la famille dans la vision réformée

Les Églises réformées veulent ouvrir le dialogue sur la famille et ses divers aspects. Elles partent d’une conception de la famille comme association relationnelle, complétant la conception de la famille centrée sur le mariage. Pour la première fois, la Conférence Femmes et la Conférence de Diaconie de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) se sont réunies mardi à Berne pour une assemblée commune. Cette journée a posé les bases d’une politique moderne de la famille dans la vision réformée.

La famille entre répartition traditionnelle des rôles, formes modernes de la famille et exigences sociales : ces aspects ont été mis en lumière et discutés dans une perspective sociologique, psychosociologique, politique et théologique lors de la première assemblée commune des Conférences Femmes et de Diaconie. Thérèse Meyer-Kaelin, conseillère nationale PDC du canton de Fribourg, Gabrielle Pilet Decorvet, pasteur, thérapeute familiale et conseillère conjugale, de Genève, Martina Schmidt, théologienne et chargée de la diaconie et des questions sociales de la FEPS, ainsi que le sociologue Kurt Lüscher, de Berne, ont donné dans leurs brefs exposés de précieuses impulsions pour le débat.

Il n’existe pas de politique familiale digne de ce nom au niveau fédéral, a déclaré la conseillère nationale Meyer-Kaelin. Le thème de la famille est souvent déclaré « affaire privée ». C’est un peu mince, parce que les familles fournissent bel et bien des prestations concrètes à la société. Thérèse Meyer-Kaelin a vivement plaidé dans son allocution pour une politique famille au niveau suisse.

Kurt Lüscher a fait observer qu’aujourd’hui, une grande partie des personnes de nationalité suisse vivent dans une association relationnelle englobant trois générations. La période de vie familiale commune entre enfants, parents, grands-parents et arrière-grands-parents s’est étendue, et c’est précisément ce que la politique de la famille devrait couvrir : « La politique de la famille est politique des générations ». De l’Église réformée, M. Lüscher attend qu’elle poursuive résolument sa réflexion théologique sur ses fondements réformés et bibliques et qu’elle fasse entendre, plus souvent et d’une voix claire, un avis pertinent dans les débats publics sur la politique de la famille.

Martina Schmidt a souligné que les Églises réformées veulent apporter une contribution à une politique familiale qui soit cohérente et qui, outre une assistance directe et sans complications bureaucratiques, tienne compte aussi des aspects non pécuniaires susceptibles d’améliorer la situation de la famille.

L’après-midi a été consacré à des réflexions approfondies sur divers problèmes : Quelle forme donner à l’avenir au travail ecclésial avec les familles et sur la famille ? Comment définir la responsabilité des Églises à l’égard de la politique familiale de la Confédération et des cantons ? Quelle doit être la position de l’Église face au projet de loi fédérale sur l’égalité des couples de même sexe ? Quelles sont les tâches œcuméniques découlant de la consultation œcuménique « Message des Églises » ? Des critères ont été définis pour le travail au sein des Églises, des œuvres d’entraide et de la Fédération des Églises protestantes.