La validité de la loi pénale contre le racisme est incontestable

La norme pénale contre le racisme ne saurait être affaiblie, et la liberté d’expression continue à être garantie en Suisse. C’est pourquoi le Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) est préoccupé par les récentes déclarations du conseiller fédéral Christoph Blocher, faites de plus en Turquie, alors que ce pays ne reconnaît pas le génocide perpétré contre les Arméniens.

La FEPS s’est engagée avec d’autres Églises, au moment de l’introduction de la loi contre le racisme en 1994 déjà, en faveur d’une norme pénale forte. Le racisme sous toutes ses formes porte atteinte à la dignité humaine et ne se justifie en aucune manière, car il met en doute l’égalité fondamentale pour la foi chrétienne de tous les êtres humains. Le droit à la liberté d’expression constitue un droit supérieur, digne de protection, mais qui doit s’exercer de manière responsable, dans le respect d’autrui. La loi pénale contre le racisme respecte cette liberté d’expression responsable. La FEPS attend du conseiller fédéral Christoph Blocher, en sa qualité de ministre de la justice et de membre du gouvernement, qu’il respecte les décisions législatives du peuple et du Parlement, ainsi que la séparation des pouvoirs, et qu’il représente ces principes de l’État de droit en Suisse et à l’étranger.

Les trois Églises nationales se sont engagées, dans un Mémorandum commun du 8 décembre 2003, pour une reconnaissance sans équivoque du génocide perpétré contre les Arméniens en 1915. Elles y déclaraient : «Nous sommes convaincus que les faits historiques doivent être reconnus par les parlementaires et le gouvernement turcs, pour que le processus de démocratisation aille de l’avant dans le pays et que les relations avec les États de cette région du monde […] se normalisent. Sans justice, il n’y a ni paix ni stabilité durables.»

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