Sans-papiers: Scandale et interpellation pour les Églises

Réunies en assemblée commune, la Conférence Femmes et la Conférence de Diaconie de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) ont discuté aujourd’hui à Berne la problématique des sans-papiers. Deux exposés principaux ont souligné qu’il est inacceptable de stigmatiser l’irrégularité de leur situation, et que cela entraîne de graves conséquences pour le marché du travail, la justice et la société civile. Une table ronde a ensuite débattu des possibilités concrètes d’action des directions d’Églises et membres des paroisses, et rappelé le danger de leur criminalisation du fait de la nouvelle législation.

Selon Pierre-Yves Maillard, conseiller d’État et chef du Département de la santé et de l’action sociale du canton de Vaud, la récente approbation par l’électorat suisse des lois sur l’asile et sur les étrangers ne doit pas nous décourager. La Suisse ne peut devenir le lieu de refuge du monde entier. Toutefois l’engagement en faveur d’une politique humaine d’immigration et d’un statut légal des sans-papiers constitue une prévention contre les abus et aide à ne pas perdre le contrôle de la migration. « Ce n’est pas le racisme qui est le problème, mais bien l’indifférence, l’ignorance et la non connaissance de la vie des autres. »

Doris Peschke, secrétaire générale de la Commission des Églises auprès des migrants en Europe (CCME) a déclaré que la migration illégale est aussi un produit du marché néolibéral du travail. Trafiquants d’êtres humains et passeurs exploitent honteusement ce marché et ne redoutent pas de faire des affaires avec les nouvelles formes d’esclavage, en particulier le trafic de femmes. De l’avis des Églises en Europe, il est particulièrement important que s’intensifient les coopérations entre institutions de l’UE et États tiers en matière de visas et de possibilités de voyage, au lieu de forcer l’allure uniquement sur les refoulements et contrôles de sortie de pays.

Lors du débat en table ronde, à la question de savoir si des paroisses devaient héberger des sans-papiers, le pasteur David A. Weiss, président du Conseil synodal de l’Église évangélique réformée du canton de Lucerne, a appelé les Églises à faire preuve de courage à ce sujet. Il n’est naturellement pas dans l’intention des Églises de faire de l’agitation à l’encontre de l’État de droit. Les Églises ont cependant un pouvoir qui ne doit pas être sous-estimé. Il consiste avant tout à adopter une attitude claire et à envoyer des signaux dans ce sens aux politiques.

Plusieurs ateliers ont ensuite permis d’approfondir la thématique au cours de l’après-midi.

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